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Panama

Javier Izquierdo |  Equateur | 75’ | 2019

 

Deux anciens camarades de Quito se rencontrent par hasard à Panama en 1985. Depuis leur diplôme, ils ont pris des chemins opposés : l’un est banquier et ses affaires ne sont pas toujours légales. L’autre qui se présente comme journaliste, est membre clandestin du groupe de guérilla « Alfaro Vive Carajo! ». Il prépare l’enlèvement d’un banquier équatorien. Tous deux détiennent une histoire profondément ancrée dans le passé du pays. Une longue conversation découle de cette coïncidence qui confronte deux amis du passé, leurs choix de vies, ce qui les sépare et ce qu’il partage encore. 

 

Javier Izquierdo

Javier Izquierdo est scénariste et réalisateur du documentaire Augusto san miguel ha muerto ayer et des longs métrages Un secreto en la caja (Meilleur réalisateur latino-américain et prix FIPRESCI au BAFICI 2017) et Panama. Il finalise actuellement le documentaire d'archives Barajas (Nuevo Mariano Contemporary Art Award). Il a été professeur scénariste à l'Université autonome de Barcelone (UAB) et chercheur à la Cinémathèque nationale de l'Équateur. Pour son travail cinématographique, il a été invité à participer à la Chaire Bolaño du Chili et à la Biennale d'Oslo en Norvège.

Javier Izquierdo nous confie que le défi était de faire un film avec un petit budget. Les fonds publics dédié au cinéma en Equateur sont difficile d’accès, d’autant plus lorsque les films proposés ne rentrent pas dans les cases instituées. Le réalisateur à ainsi pris le parti de faire un film sans décors grandiloquents ou scènes très visuelles nécessitant beaucoup d’apport financier, afin de ne pas dépendre des subventions. Encore récemment, une aide des Etats-Unis dédiée au cinéma Equatorien, à fermée en raison du COVID-19. Pour ne pas perdre des années à essayer de réunir des fonds, temps durant lequel le film se dissout, il faut composer avec les conditions du réel. Le résultat est sobre et efficace : un huit clos en noir et blanc entre deux personnages, quasiment que deux acteurs à l’écran, aucune scène en extérieur. Javier Izquierdo affirme que sa créativité est exacerbée avec des limites et qu’il se nourrit de cette condition, que tous les réalisateurs ont, ici, en Amérique Latine.

Pour Thomas Astudillo le choix du noir et blanc, qui s’est imposé dès l’écriture du scénario, permet de ne pas distraire le regard, et concentrer l’attention sur les échanges entre les deux personnages. De plus, le film étant un travail de reconstitution, il y a une notion de mémoire, d’histoire passé. Le noir et blanc fait sens car il nous projette dans les années 80 et déguise les décors, sans quoi paraîtrait leur anachronisme. Cela donne également un aspect intemporel intéressant puisque les dialogues résonnent étonnement avec l’histoire équatorienne actuelle.

Panama  à été tourné en 6 jours avec 12 000 dollars. Tout les participants du film sont coproducteurs car ils n’ont pas étés payés. Aujourd’hui, geste rare et notable, chaque rentrée d’argent est redistribuée entre ces différents « producteurs ».

 

« Panama » s’inspire d’une histoire vraie, celle de la rencontre fortuite entre Juan Carlos Acosta, l’un des dirigeants de la guérilla de gauche équatorienne Alfaro Vive Carajo (AVC), et un ancien camarade de classe et copain du lycée exclusif qu’ils fréquentaient à Quito. Dans la vie réelle, la rencontre n’a duré que quelques minutes et le vieil ami de Juan Carlos, qui a raconté l’histoire au réalisateur, n’a découvert l’appartenance de ce dernier à l’AVC qu’après avoir appris sa mort dans les journaux lors de l’enlèvement d’un banquier, quelques mois plus tard.

Leur rencontre est intéressante car elle permet au réalisateur de narrer les événements historiques de façon indirecte et d’élaborer une fiction en se concentrant sur les non dits et les doubles vies des deux personnages. La relation que ces protagonistes entretiennent tout le long du film est ambivalente, à la fois forte d’un passé commun, et fragilisé par un vécu et des souvenirs très différent de ce même passé. Les deux personnages sont issus de  milieux sociaux très différents, Estéban qui vient d’un milieu plus populaire, ne doit son entrée dans l’école prestigieuse de Quito qu’au travail acharnée de sa mère. On comprend au fur et à mesure des dialogues à quel point cette pression de la réussite et cet enjeu d’escalade sociale détermine ces actions et choix et emprisonne absolument son être. De son côté José Luis est issu de classe sociale très haute. On découvre en filigrane, de la même façon que pour Estéban, la façon dont ce statut à déterminé son positionnement politique et ses axes de vies en général. Cette condition intéressait Javier Izquierdo puisqu’il est inhabituel de retrouver un aristocrate au sein d’un groupe de guérilla.

A travers une rencontre, cette fiction nous dresse à la fois un portrait de cette classe sociale la plus fortunée de l’Equateur qui va au collège Américain, et à la fois un portrait de l’Equateur des années 80 et de cette histoire de guérilla peu connu intra et extra muros.

Le mouvement Alfaro Vive Carajo à été oublié car il n’a pas été aussi traumatique que les guérillas argentines par exemple. Le gouvernement de León Febres Cordero à été très répressif si bien que peu d’actions ont pu aboutir. Javier Izquierdo ne voulais pas faire un film politique mais, en raison du thème, la lecture et la réception du film ont été très politique. Accusé de défendre ces groupes armés, le réalisateur déplore la très grande polarisation de la société équatorienne qui, dans la continuité du gouvernement de Correa, étiquette de droite ou de gauche, blanc ou noir. Javier Izquierdo, lui, s’intéresse au gris entre les deux.

 

Comme nous l’a fait remarquer avec beaucoup de justesse un des spectateurs, le filtre idéologique avec lequel le film est visionné montre les masques que le film révèle chez les deux personnages. Il existe un fossé identitaire chez Estéban et José Luis qui est comblé par un bon emploi, une épouse et un amant d’un côté ou par la hâte de vivre pour un idéal de l’autre. Des deux côtés, le film critique la déviation de nos classes sociales qui jouent avec des masques pour ne pas assumer leurs identités profondes. C’est pourquoi les spectateurs regardent le film avec les filtres idéologiques du moment, parce qu’ils ne peuvent pas assumer ce que le film leur montre. Ces biais et cette binarité- corréiste ou anti corréiste, ou avant leoniste ou anti- leonistes…-permettent  une simplification du réel et de ce fait une compréhension plus accessible. Malheureusement cette dualité amoindrie les subtilités et  nuances du réel et fait tendre nos analyse de nos environnements vers des idéaux abjectes et déconnectés. Ainsi chacun voit la vie comment il voudrait qu’elle soit.

Au fur et à mesure du film, les deux personnages essaient de tomber le masque mais ils ne peuvent le faire car cela nécessiterait l’abandon de toute leur vision de la vie. Et une remise en question globale de leurs positionnements. Ce saut serait trop douloureux.

 

 

La fin est ouverte. Le film se termine sur ce temps suspendu de l’attente d’Estéban qui est au café sans José Luis. On l’observe, introspectif et déboussolé, enlever son alliance et la déposer dans sa tasse de café. Est-il sur le point de se mettre à nu ? D’enlever son masque ?

Les deux personnages sont complexes et intéressants, on découvre leurs multiples facettes au fur et à mesure de leurs discussions. Ils sont, l’un comme l’autre, attachant et sensible malgré leurs carapaces. Pour Javier Izquierdo un point primordial du film est la scène dans laquelle on voit Jose Luis au téléphone. On découvre son enquête, son but et son attachement pour Estéban puisqu’il décide de changer de cible : il n’enlèvera pas le beau père de ce dernier. Ces faits concordent avec le réel car le réalisateur à pu enquêter sur les actions de Alfajo Vive carajo, et étudier les différentes options de stratégie du groupe. La plupart des participants à l’enlèvement, dans les faits réels, sont morts.

 

L’écriture, qui fait joyeusement échos aux films de Jim Jarmush –Café cigarettes– et Louis Malle-Diner avec André, à pris deux ans. Avec son frère écrivain Jorge, Javier Izquierdo s’est pris au jeu de la construction de personnages que tout oppose. Il y a un niveau de lecture plus subtile en raison des identités cachées. Le cinéma, peur eux, est le seul art où l’on peut voir un personnage mentir et cela créer une tension, un enjeu, terriblement intéressant. 

Robert Bresson parle de deux types de films : ceux qui utilisent les moyens du théâtre (acteurs, mise en scène, etc.) et utilisent la caméra pour reproduire d’un côté; ceux qui utilisent les moyens du cinéma et utilisent la caméra pour créer de l’autre. Javier Izquierdo, lui, ne se définie pas comme un cinéaste visuel. Il vient du documentaire classique et de ce fait son matériau premier est l’archive, l’entrevue… Il ne pense pas pouvoir innover dans l’image, considérant qu’il n’y a plus rien à inventer dans le langage cinématographique. La colonne vertébrale du film étant les dialogues, la difficulté, au-delà de l’écriture, a surtout été de bien définir et structurer les personnages puisque sur eux repose toute la structure.

 Pour le processus de montage, Thomas Astudillo tenait à saluer le travail minutieux d’Ana Maria Prieto, qui a permis de valoriser l’alchimie des acteurs et de maintenir l’attention des spectateurs par le rythme. Pour lui on retrouve chez Javier Izquierdo les deux pans de la théorie de Bresson. Ses acquis en théâtre donnent du corps aux films et cela permet d’aborder ses créations par plusieurs biais, à travers plusieurs lignes de lecture et c’est très intéressant.

Tres películas de Javier Izquierdo se estrenan en la plataforma Kinoscope

Fernando Criollo LEA TAMBIÉN Tres largometrajes del director ecuatoriano Javier Izquierdo forman parte de la plataforma de cine independiente Kinoscope. Los filmes estarán disponibles para el público a partir del lunes 27 de abril. Kinoscope es una plataforma en línea dedicada a la exhibición de obras y cineastas emergentes. Los títulos que se incorporan al catálogo pasan por un proceso de curaduría, por parte de un comité con base en Nueva York. El objetivo es mejorar la apreciación y comprensión del cine como una forma de arte, entre públicos diversos. Javier Izquierdo se incorpora a esta plataforma con el estreno internacional de ‘Crímenes del futuro’. Se trata de un documental inédito producido por la Primera Bienal de Oslo y filmado en 2019, en Noruega. En el filme, el director investiga el impacto de la película ‘Hambre’ (1966), basada en la novela de Knut Hamsun, en varias generaciones de práctica artística noruega. La película es reutilizada de diferentes maneras para explorar la función del artista en el presente y hacer un retrato de Oslo, donde fue filmada, desde la perspectiva de un director extranjero.

Después de su paso por las salas de cine en Ecuador, ‘Panamá’ tendrá su estreno en línea. Filmada en blanco y negro, ‘Panamá’ es un drama de época que narra la historia de dos amigos que se reencuentran por casualidad en Panamá, años después de dejar el colegio. Ambos se toman un tiempo para revivir recuerdos, que terminan exponiendo sus diferencias ideológicas y los planes de un atentado con fines políticos.

El tercer filme que llega a Kinoscope es ‘Un secreto en la caja’. Este falso documental explora la vida del escritor ecuatoriano Marcelo Chiriboga, un personaje ficticio y desconocido en su propio país pero convertido en pieza clave del boom literario latinoamericano.

La obra cinematográfica de Izquierdo se exhibe en la plataforma Kinescope a través de una alianza con la distribuidora ecuatoriana Vaivem. Las películas pueden verse ingresando al sitio www.kinoscope.org , que ofrece un periodo gratuito de 14 días de prueba y una suscripción mensual de USD 5. “Les extendemos una invitación para que sigan quedándose en casa, y desde nuestro lugar nos comprometemos a facilitar contenidos que los acompañen durante estos difíciles momentos”, dicen los representantes de Vaivem, en un comunicado.

https://www.elcomercio.com/tendencias/peliculas-javier-izquierdo-estreno-kinescope.html

 

 

 

 

Estreno de PANAMÁ, de Javier Izquierdo
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afichePANAMA

En enero de 2020 y distribuida en Ecuador por VAIVEM, se estrenó PANAMÁ, la tercera película del director ecuatoriano Javier Izquierdo y que es protagonizada por los actores Jorge Alejandro Fegan, Diego Coral y María Josefina Viteri.

El film cuenta la historia de dos amigos quiteños que tienen un encuentro fortuito en Ciudad de Panamá en el año 1985. Una noche que comienza con una conversación casual termina desenvolviendo intenciones escondidas que sacan a flote coyunturas políticas del estado ecuatoriano de los 80 y que aún resuenan.

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Ficha técnica

País: Ecuador
Duración: 75 minutos
Color: Blanco y Negro
Aspecto: 1,85:1
Formato: DCP 2K
Idioma: Español
Subtítulos disponibles: Inglés

Director: Javier Izquierdo
Productor: Tomás Astudillo

Actuación

Guion: Javier Izquierdo y Jorge Izquierdo
Montaje: Ana María Prieto
Dirección de fotografía: Tomás Astudillo y María Grazia Goya
Dirección de arte: Priscila Zumárraga
Sonido: Juan José Luzuriaga
Música original: Natalia Guayasamín

Jorge Alejandro Fegan……………………………………………………….José Luis Espinosa
Diego Coral……………………………………………………………………….Esteban Guzmán
Catón Danilo Vega…………………………………………………………….Mesero
María Josefina Viteri……………………………………….………………..Yulene
Ángel Gavilánez………………………………………………………………..Recepcionista

Compañía productora: Ostinato Cine
Distribuidora: VAIVEM

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Sinopsis
Dos ex compañeros de colegio quiteños se encuentran por casualidad en Ciudad de Panamá en 1985. No se han visto desde su graduación y aunque entonces fueron cercanos, han tomado caminos opuestos: Esteban trabaja en la banca y está en Panamá por negocios, no siempre lícitos. José Luis se presenta como periodista pero en realidad es miembro de la guerrilla Alfaro Vive ¡Carajo!, viviendo en la clandestinidad mientras prepara una nueva acción en el Ecuador: el secuestro de un banquero. Inspirado en una historia real.

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Biografía del director

Javier Izquierdo es guionista y director del documental AUGUSTO SAN MIGUEL HA MUERTO AYER y de los largometrajes UN SECRETO EN LA CAJA (Mejor director latinoamericano y Premio FIPRESCI en el BAFICI 2017) y PANAMÁ. En la actualidad finaliza el documental de archivo Barajas (Premio Nuevo Mariano de Arte Contemporáneo). Ha sido profesor de guión en la Universidad Autónoma de Barcelona (UAB) e investigador de la Cinemateca Nacional del Ecuador. Por su trabajo cinematográfico, ha sido invitado a participar en la Cátedra Bolaño de Chile y en la Oslo Biennalen en Noruega.

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Biografía del productor

Tomás Astudillo (Quito, 1985) es productor, director de fotografía y director. En 2012 estrenó su cortometraje documental Océano Sólido (Premier Europea en Fribourg International Film Festival) y en 2015 Instantes de Campaña (Premier mundial en Visions Du Réel). En 2013 co-fundó Ostinato Cine, con la cual estrenó Un Secreto en la Caja de Javier Izquierdo como productor asociado en 2016. Es productor de dos largometrajes dirigidos por Javier Izquierdo, Panamá, y Barajas (en posproducción). Desde 2016 es parte de VAIVEM, una asociación cultural dedicada a la distribución de cine base en Lisboa, Buenos Aires y Quito. Desde 2017 es programador del Festival Latinoamericano de Cine de Quito. En 2017 fue parte del Locarno Academy del Festival Internacional de Cine de Morelia y en 2018 participó en el 7mo. Taller de Festival del Bogotá Audiovisual Market. Actualmente vive en Budapest.

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Biografía de productora

Ostinato Cine es una casa productora, basada en Quito, dedicada al cine de lo real. Nació en el 2013 con el fin de realizar el documental Instantes de Campaña de Tomás Astudillo estrenado en 2015. Ostinato Cine es productor asociado de Un Secreto en la Caja de Javier Izquierdo, película estrenada en 2016. En 2019 estrena la película de ficción Panamá de Javier Izquierdo y continúa la posproducción de Barajas, documental de archivo del mismo director.

Las películas de Ostinato Cine han estado presentes en festivales como Visions du Réel, BAFICI, EDOC, Doc Buenos Aires, Doc Montevideo, Docs Barcelona, Festival de Cine de Málaga, Festival Cinematografíco Internacional del Uruguay, Chicago Latino Film Festival, Festival de Cine de Lima, Festival de Cinema Latinoamericano de Trieste y Festival del Nuevo Cine Latinoamericano de La Habana, TransCinema, Cine Radical, Fajr, GIFLIF, entre otros.

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Festivales

Premiere en Ecuador: Festival Latinoamericano de Cine de Quito, 2019
World Premiere: OsloBiennalen, primera edición
Festival del Cinema Latinoamericano de Trieste 2019
Encuentros de Cine Latinoamericano de Burdeos, 2020

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Por Daniel Nehm
Es uno de los cineastas más activos en los últimos años, dentro del circuito nacional. Hace películas, las piensa, tiene una obsesión con la memoria; ya sea la fílmica, la política y la histórica. Y en un país con casi nada de registro o con la capacidad de mirar apologéticamente todo, su trabajo tiene una utilidad. Javier Izquierdo (Quito, 1977) ha dirigido los documentales Augusto San Miguel ha muerto ayer (2003), Un secreto en la caja (2016), Barajas (2018, con el que incluso ganó una de las becas del Premio Nuevo Mariano Aguilera), y la ficción Panamá, que está por estrenarse. Además, prepara otra película, que será rodada en la selva ecuatoriana.
P: Javier, Ecuador es un país con varias capas de memoria accesibles, no accesibles; visibles, no visibles; tangibles, no tangibles. Todas tus películas se acercan a estas capas, de Augusto San Miguel ha muerto ayerUn secreto en la cajaPanamáBarajas hasta [el último proyecto] Viaje a la Selva, con formas muy diversas. ¿Cuál es la importancia para ti de acercarte a la memoria del país? 
R: Sí, tenemos una relación rara con la memoria, es un país muy poco reflexivo con la memoria, con su pasado. Por alguna razón a mí siempre me han interesado los temas históricos, tal vez tiene que ver con el hecho de que mi abuelo era historiador y me imagino que por ahí me surge el interés de indagar en el pasado. En el caso de Panamá, son los años 80, el tema de los movimientos armados, Alfaro Vive, el gobierno de León Febres Cordero, yo era un niño en esos años. Panamá está entre la memoria del país, un tema que no se ha tratado mucho, y la memoria personal. Es la primera ficción que hago. En realidad vengo más del documental. Yo estaba acostumbrado a trabajar con elementos clásicos para armar un documental, entrevistas, material de archivo, el narrador, en varias de mis películas, desde Augusto San Miguel ha muerto ayer, también en Un secreto en la caja, hay mucho material de archivo, la memoria histórica del país. En esa película me di cuenta de todo lo que se puede hacer con el archivo. En el caso de Barajas la idea original era hacer un documental convencional con entrevistas, pero durante la investigación descubro que todos estos personajes que murieron en el avión habían dejado un material de archivo muy interesante, entonces ahí surgió la idea: que tal hacer una película con solo material de archivo, y claro eso se acerca a tendencias muy contemporáneas del cine.
P: Barajas cuenta la historia de cuatro intelectuales Latinoamericanos que se encontraron en un vuelo y murieron, y tú buscas huellas audiovisuales de ellos para tejer un reencuentro fílmico. ¿Como ha sido tú contacto con esta historia?
R: En realidad Barajas es el primer proyecto que no tiene que ver con la historia y la memoria del Ecuador, sino con una memoria más amplia, Latinoamericana. Cuando viví en España descubrí la historia de este accidente de aviación en el 1983 donde fallecen cuatro importantes escritores e intelectuales latinoamericanos y latinoamericanas. Lo único que tenían en común los cuatro, porque trabajaban diferentes estilos y venían de diferentes países, es que en el momento del accidente vivían en París, que en ese momento era la capital cultural del mundo y sobretodo para los intelectuales y escritores latinoamericanos. Les invitan a un congreso cultural en Colombia pero el avión, que tenía que hacer una escala en Madrid, se accidenta antes de llegar al aeropuerto, y mueren todos. También me imagino que es una reflexión de la casualidad y la coincidencia de esta muerte compartida, cómo ellos de alguna forma están ligados para siempre por el azar de esta muerte compartida.
P: Trabajas solo con found footage, con material hallado, no filmas. ¿De dónde nace el interés por esta forma que han usado cineastas como Harun Farocki, y cómo realizas un tejido de materialidades tan distintas?
R: Es una cosa que me atrae mucho del found footage, la capacidad de reutilizar otras películas que se convierten en documentos históricos. Todas las películas, hasta las más malas, 20 a 30 años después cobran otros valores, más allá de la calidad cinematográfica. Es algo que descubrí o llegué a apreciar a través de Un secreto en la caja porque ahí uso muchísimos materiales de diferentes fuentes. Es muy diferente una película filmada en 8mm que una película filmada en video high8. Los materiales reflejan momentos y dicen cosas sobre la gente que filmó. El material de archivo es muy versátil, se pueden hacer cosas locas, es sorprendente como dos cosas con diferentes texturas, que son de diferentes épocas o diferentes registros pueden dialogar, el material se puede manipular muy fácilmente. Es un proceso lúdico de asociaciones, de conexiones. Creo que es una de las cosas más lindas para alguien que más que una educación cinematográfica formal ha tenido, como en mi caso, una educación como espectador, yo me considero un cinéfilo.
P: Y al mismo tiempo eres detective por que tienes que buscar y encontrar estas materiales. Has viajado a distintos lugares del mundo para eso.
R: Sí claro, el archivo implica un trabajo detectivesco, eso es lo interesante y no solo encontrar el material sino luego tramitarlo, el tema de los derechos por ejemplo. La gran suerte de ahora es que, al menos para ubicar, el internet es útil, gran parte de los materiales de Barajas fueron hallados allí, pero claro, hay temas de derecho que tienes que resolver y eso es parte del trabajo detectivesco porque tienes que averiguar quienes son los dueños de esos materiales y pedirles una autorización para usar el material.
P: Otro tipo de viaje: ¿Puedes hablarme un poco más de la idea de tu próxima película Viaje a la selva?
R: Viaje a la selva, es la adaptación de una crónica de Emma Robinson, sobre un viaje que hicieron un grupo de artistas basados en Quito, entre ellos Olga Fisch, Rolf Blomberg y un joven Oswaldo Guayasamín (a quien comisionan un mural sobre la selva), a la zona de Sto. Domingo de los Tsáchilas en 1948.
Es un proyecto más ambicioso, con relación a las películas que he hecho antes que han sido películas pequeñas, de pocos recursos. Esta película es más grande porque es una road movie pero al mismo tiempo tiene que ver con este interés por el pasado, por las figuras artísticas, sobre todo por Guayasamín que de alguna forma ha sido el artista ecuatoriano más universal al fin del día, lo ames o lo odies. Los artistas ecuatorianos tenemos cierta dificultad para visibilizarnos en el país y fuera de él. En ese sentido Guayasamín si rompió todos los esquemas. Aquí ha habido siempre artistas interesantes pero no necesariamente han trascendido las fronteras, en el caso de Guayasamín sí, trascendió las fronteras. Es un personaje súper interesante porque era un hombre de extracción humilde, con apellido indígena, tuvo también muchos problemas en su época por encajar en una sociedad súper racista y clasista. Entonces siempre me ha interesado el personaje de Guayasamín y el hallazgo de este libro escrito por una escritora ecuatoriana poco conocida como Emma Robinson, fue la clave para abordar ese personaje.
P: Tú piensas hacer una película más grande, una road movie.
R: Sí, tiene que ser más grande porque es un descubrimiento de la selva y del otro. La diferencia sería que en mis anteriores películas por ejemplo en Un secreto en la caja y en Panamá he falseado los lugares, las he filmado en Quito pero falseando los lugares originales; falseando Panamá en Quito o falseando varias ciudades del mundo en Quito pero la selva no la puedes falsear o sería muy absurdo, teniéndola tan cerca. Entonces es una película que requiere desplazamientos, que requiere además la presencia de los indígenas, los tsa’chila. Hay que filmar en esos lugares.
P: ¿Cómo piensas encontrar una forma fílmica de algo que todavía no conoces? ¿Cómo te vas a acercar a este lugar desconocido, a esta infinidad que es la selva?
R: Buena pregunta, eso todavía no lo tengo muy claro, igual hay muy buenas películas filmadas en la selva, tengo muchas referencias en ese sentido; hace poco volví a ver a los años Fitzcarraldo que sería como la primera gran peli de selva, una más reciente, el Abrazo de la serpiente. Es un lugar que ha sido bastante retratado en el cine, hay varias buenas películas entonces tengo referentes y a mí me gusta trabajar con referentes, ver cosas anteriores. Un secreto en la caja obviamente tiene un referente fuerte que es Un tigre de papel, y Panamá tiene un referente fuerte que es Mi cena con André de Louis Malle, con Viaje a la selva hay más referentes.
P: ¿Piensas enfrentarte tú mismo a la selva en este proceso?
R: Como Werner Herzog… (se ríe) No, yo creo que no, la verdad es que tengo que ir, tengo que hacer un par de viajes; yo ni siquiera conozco la selva, la selva profunda, yo creo que también es por eso mi fascinación con el lugar.
P: …como Guayasamin mismo, que no conocía la selva.
R: Si, ahora que lo dices. Se podría hacer un paralelismo ahí pero eso es algo que me toca todavía trabajar. Casi siempre son procesos de años en los que tú convives con un tema, con unas ideas y van cambiando, evolucionando, desarrollándose. No sé cómo enfrentarme a la selva, no sé que voy hacer con la selva. Uno de los temas de Guayasamín era cómo pintar la selva y él está muy frustrado en ese viaje porque se da cuenta que no es un pintor de la selva que no puede con toda esa exuberancia, entonces yo también me debo hacer esa pregunta: ¿cómo filmar la selva?.