UN FESTIVAL MILITANT
En 1983, la jeune association France Amérique Latine Comité Bordeaux-Gironde (FAL33) crée les Rencontres du Cinéma Latino-Américain, l’une des premières manifestations culturelles consacrées à ces cinématographies en France.
L’association, créée en 1981, a comme objectif « le renforcement des liens d’amitié et de coopération entre le peuple français et ceux de tous les pays d’Amérique latine ». Le cinéma est le moyen choisi pour faire connaître le continent latino-américain au public. Il est donc conçu comme une expression « représentative de l’imaginaire et de la réalité des peuples d’Amérique latine ». La diffusion de films indépendants de qualité devient un moyen d’approcher un continent et sa culture, de le connaître et le faire connaître. L’objet même de la solidarité devient donc le cinéma.
A l’égard du continent latino-américain, pour la solidarité, il s’agit aussi bien de soutien aux victimes des dictatures que d’une solidarité matérielle, par le biais de projets dans divers domaines politiques et sociaux. Lors des premières Rencontres, le contact avec l’Amérique latine se fait d’emblée à travers le réseau militant (Nicaragua sandiniste, Guatemala, Chili, Salvador, Colombie). La prise de conscience du danger que courent les cinémas latino-américains, née de contacts directs, a désormais détourné la question de la solidarité en termes généraux vers une « solidarité cinématographique ».
LIEUX ET PRIX DU FESTIVAL
Depuis plusieurs années, notre Festival a pris ses quartiers au Cinéma Jean Eustache de Pessac, où sont organisées des expositions, où il est possible de goûter une pâtisserie avant d’aller voir un film ou bien se plonger dans un débat autour de l’histoire d’un pays invité. Sur le parvis, on peut rencontrer un·e artiste ou un·e écrivain latino-américain·e, lire un livre en espagnol. Et le soir, assister aux concerts de musique latino-américaine…
Le Festival est devenu au fil des années un moment phare de la vie culturelle pessacaise, dont le succès est incontestable. Il a rencontré son public, fidèle et enthousiaste. La présence importante du jeune public est à noter. L’organisation de débats entre réalisateur·ices et le public après la projection des films est en effet très appréciée. Depuis 2004, plusieurs catégories de films sont récompensées avec un Prix du public, l’un pour les œuvres de Fiction et l’autre pour un film Documentaire.
Les festivalier·es, organisateur·rices, chercheur·euses, réalisateur·ices, journalistes, artistes, étudiant·es, retraité·es déambulent entre les lieux qui hébergent les manifestations du Festival : le Cinéma Jean Eustache, le Cinéma L’Etoile de Saint-Médard-en-Jalles, le Cinéma La Brèche de Sainte-Foy-la-Grande, le Cinéma Vog de Bazas, le Cinéma Max Linder de Créon, le Cinéma Les Colonnes de Blanquefort, etc.
UNE AVENTURE HUMAINE QUI CONTINUE
Son succès, le Festival le doit avant tout à la qualité de sa programmation et à l’énergie de ses organisateur·ices bénévoles. Tout au long de l’année, iels écument les festivals, à la recherche d’œuvres originales et de nouveaux talents, afin de pouvoir proposer aussi des films et des documentaires en avant-première. Il a fallu de la patience et surtout de la passion pour s’imposer, perdurer et faire rayonner le Festival. Le Festival a connu une évolution avec une édition virtuelle en mai 2020 avec des séances connectant directement un public latinoaméricain et européen.
Les Rencontres du Cinéma Latino-Américain, ce sont, depuis leur création, plus de 165 000 spectateur·ices, petit·es et grand·es, pressé·es de rencontrer plus de 450 invité·es (réalisateur·ices, producteur·ices et technicien·nes du cinéma, artistes, journalistes, spécialistes, conférencier·es…), de profiter de concerts de musique brésilienne, d’expositions de bande dessinée ou bien de participer aux traditionnelles tables-rondes… autant de rencontres inoubliables.
Les 43 volumes qui composent la collection complète des Rencontres avec le Cinéma Latino-américain, vont bientôt rentrer dans les collections de la Bibliothèque nationale de France, dans le cadre de sa collaboration avec l’association le 1er Mai et les départements de l’Audiovisuel de la BnF. Ils constituent une excellente source de recherches et de lectures pour poursuivre le voyage vers l’Amérique latine, connaitre son histoire et découvrir ses artistes qui ont marqué les dernières décennies.

