SÉANCE "FEMMES/femmes" CINÉRÉSEAUX avec La Maison De Simone, La Maison des Femmes Bx, le Conseil National autoproclamé de la Vieillesse 33
LES VOYAGES DE TEREZA
O ÚLTIMO AZUL
Synopsis
Tereza a vécu toute sa vie dans une petite ville industrielle d’Amazonie. Le jour venu, elle reçoit l’ordre officiel du gouvernement de s’installer dans une colonie isolée pour personnes âgées, où elles sont amenées à « profiter » de leurs dernières années. Tereza refuse ce destin imposé et décide de partir seule à l’aventure, découvrir son pays et accomplir son rêve secret…
Infos
FICTION
Gabriel Mascaro
Brésil
87 min
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2026
Programmation
VENDREDI 13 MARS 2026
20h45
Gabriel Mascaro (réalisateur) interviendra en visioconférence.
À propos du réalisateur
Gabriel Mascaro est un réalisateur et scénariste né en 1983 à Recife. Ses films ont remporté plus de 50 prix internationaux. Rodéo a été sélectionné parmi les 10 meilleurs films de 2016 par le New York Times. La même année, son œuvre a fait l’objet d’une rétrospective au Lincoln Center de New York. En 2019, son film Divine Love a été projeté dans la section Panorama de la Berlinale. En 2025, Les Voyages de Tereza remporte le Grand Prix – Ours d’Argent à la Berlinale.
Gabriel Mascaro es un director y guionista nacido en 1983 en Recife. Sus películas han ganado más de 50 premios internacionales. Rodeo fue seleccionado entre las 10 mejores películas de 2016 por The New York Times. Ese mismo año, su obra fue objeto de una retrospectiva en el Lincoln Center de Nueva York. En 2019, su película Divine Love se proyectó en la sección Panorama de la Berlinale. En 2025, O Último Azul ganó el Gran Premio – Oso de Plata en la Berlinale.
Note d'intention du réalisateur
Les récits sur la vieillesse réduisent souvent les personnes âgées à leurs souvenirs et au temps qui leur est compté. Elles sont générale ment représentées comme vivant dans le passé et confrontées à l’imminence de la mort, rarement considérées comme les protagonistes du présent. LES VOYAGES DE TEREZA revendique le potentiel des corps âgés à être racontés à l’écran comme débordant d’énergie vitale et de désir de vivre. Dans le film, je pratique le mélange des genres pour réfléchir au vieillissement d’une manière qui ne soit ni mélancolique ni nostalgique. Je ne voulais pas réaliser un film au passé, mais bien au présent. L’Amazonie et la forêt font écho à de nouvelles voies pour un corps qui, bien que vieillissant, a encore des rêves à réaliser.
Los relatos sobre la vejez suelen reducir a las personas mayores a sus recuerdos y al tiempo que les queda. Generalmente se las representa como viviendo en el pasado y enfrentadas a la inminencia de la muerte, y rara vez se las considera protagonistas del presente. O Último Azul reivindica el potencial de los cuerpos mayores para ser narrados en pantalla como llenos de energía vital y deseo de vivir. En la película, practico la mezcla de géneros para reflexionar sobre el envejecimiento de una manera que no sea ni melancólica ni nostálgica. No quería hacer una película anclada en el pasado, sino en el presente. La Amazonía y la selva hacen eco de nuevas rutas para un cuerpo que, aunque envejecido, aún tiene sueños por cumplir.
Entretien avec le réalisateur
Pourquoi avoir concentré cette histoire autour d’un personnage principal comme celui de Tereza ?
Comment définiriez-vous le genre de ce nouveau film ? LES VOYAGES DE TEREZA est un film sur le droit de rêver, mettant en scène une protagoniste âgée qui décide de ne pas accepter le destin que quelqu’un d’autre, en l’occurrence l’État, a tracé pour elle. Je voulais réaliser un film qui soit une ode à la liberté, mettant en scène une septuagénaire rebelle confrontée à son isolement imminent dans une colonie pour personnes âgées, et proclamant qu’il n’est jamais trop tard pour trouver un nouveau sens à la vie. Je trouve qu’il est inhabituel de voir des protagonistes âgés au cinéma, en particulier dans les dystopies et les films fantastiques. On a souvent l’impression que la rébellion contre le système est une affaire de jeunesse, comme si la quête de maturité et la recherche de sa place dans le monde devaient être des rites de passage réservés uniquement aux lycéens ou aux jeunes adultes. Ici, je voulais montrer la vitalité du corps âgé. Ce film se déroule dans une société obsédée par la productivité, où les citoyens sont invités à s’exiler du reste de la communauté lorsqu’ils atteignent un certain âge. Je le vois comme une fable presque dystopique, mais en même temps inspirante, sur Tereza, une femme de 77 ans pour qui le moment de « partir » vient d’advenir. Refusant d’accepter cette « euthanasie sociale », Tereza se lance dans un voyage à la recherche de la liberté et d’un rêve de longue date. Son voyage commence véritablement lorsqu’elle s’enfuit sur un bateau qui l’emmènera au cœur de l’Amazonie et au plus profond de son âme. Au lieu de m’en tenir à un seul genre, j’ai voulu créer une interaction entre le lyrique et le ludique dans une sorte de délire post-tropical. Il n’est pas nécessaire qu’une voiture volante apparaisse à l’écran pour créer un décalage dans l’espace et le temps. Les changements culturels ou comportementaux peuvent être le signe d’une dystopie encore plus radicale qu’une technologie ou un gadget.
Comment vous êtes-vous intéressé à la représentation des personnes âgées au cinéma ?
Petit, je vivais dans une maison avec beaucoup de monde et mes grands-parents ont toujours fait partie de ma vie. Ma grand-mère a appris à peindre à 80 ans, après le décès de mon grand-père, et voir ce genre de choses a changé ma perspective sur le vieillissement. Cela m’a montré comment les personnes âgées peuvent partir à la découverte d’elles-mêmes et opérer des changements significatifs, voire impressionnants ou étonnants. Les récits auxquels nous sommes habitués dépeignent la vieillesse comme une période d’isolement douloureux ou de déclin physique. Dans de nombreux cas, le passé devient une force motrice dans ces histoires, motivant le protagoniste à rechercher un but ultime, peut-être pour lui permettre de mourir en paix. Ces histoires sont souvent empreintes d’une nostalgie et d’une fatalité sous-jacentes, où la mort façonne inconsciemment la tension narrative. Mon film raconte un voyage, avec des éléments d’aventure et de fantaisie, et une re-connexion avec son désir de liberté. C’est un « boat-movie » sur le vieillissement et les rêves, avec des femmes âgées au centre de l’intrigue.
Pourquoi avoir choisi l’Amazonie comme cadre et lieu de tournage ?
Je connaissais l’Amazonie grâce à un projet de formation de cinéastes autochtones appelé « Video in the Villages », auquel j’ai participé en tant que professeur quand j’étais plus jeune. J’ai également eu récemment l’occasion d’assister à un festival de cinéma à Goa, en Inde, où j’ai vu un immense casino flottant au milieu d’un grand fleuve. J’avais déjà le scénario de ce film en cours d’élaboration, et cela m’a amené à penser que l’Amazonie serait un endroit très pertinent pour reproduire un « état du monde » unique qui pourrait accueillir et approfondir le récit du film. J’ai ainsi voulu que l’Amazonie devienne un personnage à part entière, et cela s’est concrétisé lors des corrections apportées au scénario après mon voyage. Il est curieux que l’Amazonie, telle qu’elle est représentée au cinéma et à la télévision en dehors du Brésil, soit encore si idéalisée. Je voulais remettre en question cette représentation romantique et biaisée de « poumon de la planète ». Le film nous emmène dans une Amazonie à la fois magique et industrielle, presque surréaliste et profondément politique. J’ai aussi voulu contrer l’idéalisation de la faune amazonienne en montrant l’exploitation des animaux (la transformation industrielle de viande d’alligator, les combats de poissons) mais aussi en accentuant l’imagerie du capitalisme et de la culture pop. En effet, le film accorde une place particulière à un escargot enchanté qui émet une bave bleue dotée de pouvoirs magiques permettant d’ouvrir de nouvelles voies et de voir l’avenir. L’escargot symbolise une contradiction poétique qui peut également être associée à la vieillesse : lent dans ses mouvements, mais infini en possibilités.
Comment choisit-on les acteurs pour un film comme celui-ci ?
Denise Weinberg est une excellente actrice qui jouit d’une solide réputation dans le théâtre brésilien et d’une présence croissante au cinéma. Sur le plateau, elle m’a surpris par sa capacité profonde et radicale à étudier le texte et à s’approprier le personnage. Rodrigo Santoro est un acteur que j’admire depuis mon enfance. J’avais 16 ans lorsque j’ai eu l’occasion de le voir sur scène présenter un film dans ma ville. J’ai été profondément marqué par la différence entre son apparence sur scène et à l’écran. Le désir de réaliser un film avec lui s’est, je pense, mélangé avec mon désir de réaliser des films tout court. Et nous avons enfin eu cette occasion. Lorsque Tereza se voit empêchée de voyager à bord de bateaux de passagers, elle fait appel à Cadu, le personnage incarné par Rodrigo Santoro. Cadu est un voyageur au cœur brisé. L’idée était de montrer un homme souffrant de la distance qui le sépare de son amour, à l’opposé de la façon dont les films associent généralement ce type de personnage à la liberté masculine d’un voyageur loin des pressions de la vie quotidienne. Cadu est différent. Le bateau est sa prison. Miriam Socarrás est une force de la nature. Son personnage atterrit dans une Amazonie cosmopolite où l’on parle un spanglish unique. Elle pilote son bateau tout en vendant des bibles et en promettant une nouvelle vie à Tereza. Je trouve que la rencontre entre ces deux actrices, Denise Weinberg et Mirian Socarrás, a quelque chose de magique. Adanilo joue le rôle de Ludemir, un homme qui vit dans l’attente éternelle du développement promis, sur les rives du fleuve. Adanilo a donné une perspective très généreuse et subtile sur la manière de représenter le « corps amazonien au bord du fleuve ». Il est originaire d’Amazonie tout comme plus de 20 autres acteurs qui apparaissent dans le film et ont apporté la poésie et le caractère unique de la réalité locale.
Alors que l’histoire est ancrée dans ce monde dystopique qui menace activement Tereza, comment avez-vous pu réaliser un film aussi optimiste et libérateur ?
Je pense que LES VOYAGES DE TEREZA aborde indirectement de nombreuses questions contemporaines sérieuses et délicates, notamment celles liées au déplacement forcé de personnes, de groupes ou d’ethnies au nom d’un projet étatique. Dans mon film, il s’agit de l’exclusion des personnes âgées, mais cela peut également toucher de nombreux autres groupes de personnes. Cela va de la gentrification à l’expulsion des communautés autochtones de leurs terres à des fins économiques, en passant par les guerres pour gagner du territoire ou encore le traitement réservé aux réfugiés et aux migrants. Mais avant tout, je voulais réaliser un film exaltant le présent et saisissant l’élan vital qui est en chacun de nous. Un film sur le personnage d’une femme – une mère, une grand-mère, âgée, mais qui ne se limite pas à une identité fixe. Tereza incarne le désir de vivre ce voyage, la volonté d’éprouver de nouvelles identités et de vivre de nouvelles expériences de manière unique, originale et non dogmatique.
Trailer
Plus d'informations
Équipe
| Liste Artistique | |
| Tereza | Denise Weinberg |
| Cadu | Rodrigo Santoro |
| Roberta | Miriam Socarrás |
| Ludemir | Adanilo |
| Liste Technique | |
| Réalisateur | Gabriel Mascaro |
| Scénario | Gabriel Mascaro, Tibério Azul |
| Photographie | Guillermo Garza |
| Montage | Omar Guzmán, Sebastián Sepúlveda |
| Musique | Memo Guerra |
| Conception sonore | Maria Alejandra Rojas, Arturo Salazar |
| Direction artistique | Dayse Barreto |
| Casting | Gabriel Domingues |
| Producteurs | Rachel Daisy Ellis, Sandino Saravia Vinay |
| Producteurs exécutifs | Paulo Domingues, Rachel Daisy Ellis, Murilo Hauser |
| Coproducteurs | Giancarlo Nasi, Marleen Slot |
| Productions | Desvia, Cinevinay, Quijote Films |
| Distribution | Paname Distribution |
| Ventes internationales | Lucky Number |
Articles
Filmographie
- 2009 UM LUGAR AO SOL (High-Rise) (documentaire) ; Mention Spéciale au BAFICI (Buenos Aires)
- 2010 AVENIDA BRASÍLIA FORMOSA (Defiant Brasilia) (documentaire) ; Festival du Film de Rotterdam
- 2012 A ONDA TRAZ O VENTA LEVA (Ebb & Flox) (documentaire) ; Prix du Jury au Festival du Film documentaire d’Amsterdam
- 2012 DOMÉSTIA (Housemaids) (documentaire) ; Festival du Film documentaire d’Amsterdam
- 2014 VENTOS DE AGOSTO (Les vents d’août) ; Mention Spéciale au Festival du Film de Locarno
- 2015 BOI NEON (Rodéo) ; Prix du Jury Orizzonti au Festival de Venise
- 2019 DIVINO AMOR (Divine Love) ; Panorama Berlinale / Sundance
- 2025 O ÚLTIMO AZUL (Les Voyages de Tereza) ; Ours d’Argent (Grand Prix) Berlinale

