EL MUDO
Synopsis
Tras una breve investigación, la policía concluye que el disparo que estuvo a punto de matar al funcionario judicial Constantino Zegarra no fue más que una bala perdida. Pero Constantino, convencido de que alguien intentó eliminarlo, reabre la investigación, lo que pronto lo lleva a cruzar los límites impuestos por su cargo para demostrar que tiene razón.
Après une courte enquête, la police conclut que le tir qui a failli tuer le fonctionnaire de justice Constantino Zegarra n’était en fait qu’une balle perdue. Mais Constantino, convaincu que quelqu’un a tenté de l’éliminer, ré-ouvre une enquête qui l’amène bientôt à franchir les limites imposées par sa fonction pour prouver qu’il a raison.
Infos
FICTION
Daniel Vega & Diego Vega
Pérou
90 min
2013
Programmation
DIMANCHE 15 MARS 2026
21h15
Diego Vega (réalisateur) sera présent.
À propos des réalisateurs
OCTUBRE (2010), leur premier long métrage, a reçu le Prix du Jury dans la sélection officielle Un Certain Regard au Festival de Cannes. Le film a été invité dans plus de cinquante festivals et a été récompensé par de nombreux prix, notamment le prix de la meilleure réalisation au Festival de Carthagène, le prix des jeunes critiques au Festival de Mumbai ou encore le prix du meilleur film en Croatie. OCTUBRE est sorti en salles au Pérou, en Allemagne, en Suisse, en France, aux États-Unis, au Mexique, au Canada, au Brésil, en Colombie, au Venezuela, entre autres.
Les frères Vega ont également réalisé deux courts métrages, INTERIOR BAJO IZQUIERDA (2008) et ALONDRA (2013), et viennent d’achever leur deuxième long métrage, EL MUDO (2013), une coproduction entre la France, le Mexique et le Pérou. À l’état de projet, EL MUDO a été sélectionné à L’Atelier de la Cinéfondation du Festival de Cannes 2011, et sa première mondiale aura lieu en compétition officielle au Festival international du film de Locarno en août 2013.
Diego Vega est diplômé en économie, puis a étudié le cinéma à l’École internationale de cinéma et de télévision de San Antonio de los Baños, à Cuba. Il vit à Barcelone, où il enseigne à l’Escola Superior de Cinema i Audiovisuals de Catalunya (ESCAC).
Daniel Vega travaille comme directeur de la publicité à Lima, au Pérou, pour de grands clients nationaux. Il est titulaire d’un diplôme en communication de l’Université européenne de Madrid et d’un master en gestion d’entreprise de l’Université Carlos III de Madrid.
OCTUBRE (2010), su primer largometraje, recibió el Premio del Jurado en la Selección Oficial Un Certain Regard del Festival de Cannes. La película fue invitada a más de cincuenta festivales y obtuvo numerosos reconocimientos, entre ellos el premio a Mejor Director en el Festival de Cine de Cartagena, el Premio de los Jóvenes Críticos en el Festival de Cine de Mumbai y el premio a Mejor Película en Croacia. OCTUBRE se estrenó en salas de Perú, Alemania, Suiza, Francia, Estados Unidos, México, Canadá, Brasil, Colombia, Venezuela, entre otros países.
Los hermanos Vega también realizaron dos cortometrajes, INTERIOR BAJO IZQUIERDA (2008) y ALONDRA (2013), y acaban de finalizar su segundo largometraje, EL MUDO (2013), una coproducción entre Francia, México y Perú. En su etapa de proyecto, EL MUDO fue seleccionado para L’Atelier de la Cinéfondation del Festival de Cannes 2011, y su estreno mundial tendrá lugar en la Competencia Oficial del Festival Internacional de Cine de Locarno en agosto de 2013.
Diego Vega es economista de formación y luego estudió cine en la Escuela Internacional de Cine y Televisión de San Antonio de los Baños, Cuba. Vive en Barcelona, donde enseña en la Escola Superior de Cinema i Audiovisuals de Catalunya (ESCAC).
Daniel Vega trabaja actualmente como director de publicidad en Lima, Perú, para importantes clientes nacionales. Es licenciado en Comunicación por la Universidad Europea de Madrid y cuenta con un máster en Dirección de Empresas por la Universidad Carlos III de Madrid.
Entrevista
Interview
Dans EL MUDO, un homme – un juge péruvien, attaché aux principes du droit – se retrouve confronté à un système corrompu auquel tout le monde, y compris sa propre épouse et son père, semble participer ou se soumettre. Quel trait de caractère ou quelles motivations rendent Constantino différent ?
Constantino se trouve dans une situation qui dépasse la simple question d’être corrompu ou non. Il veut faire les choses correctement, mais dans son métier, la notion de « bien » n’est pas si claire. Il possède des principes très forts, inculqués par sa mère, et pour cette raison il peut paraître dogmatique. C’est un juge honnête et incorruptible, ce qui devrait être une qualité, mais cela fait aussi de lui un magistrat qui envoie tout le monde en prison en appliquant la peine maximale. Dans son esprit, la notion de justice a été « déformée », et c’est ce qui le distingue. Quoi qu’il en soit, il représente un obstacle pour les personnes qui l’entourent. Nous voulions faire de Constantino une sorte de « champion de la justice » – avec tous ses défauts, ses failles et son propre dogmatisme – car ce type de déformation est fréquent dans notre système judiciaire. Et Constantino est lui-même un produit de ce système.
Les proches de Constantino ne veulent rien changer. Tout le monde dans notre pays n’est pas comme cela, mais ils sont nombreux, et tout particulièrement dans l’entourage de Constantino. C’est là que réside l’ironie : celui qui veut le plus prendre la parole et faire évoluer les choses se retrouve physiquement incapable de parler. Même si un seul homme est incapable de provoquer un tel changement, il en a néanmoins l’intention, et c’est cela qui était important pour nous. El Mudo, « le muet », est le seul parmi tous ceux qui l’entourent à se sentir mal à l’aise face à « l’immoralité » qu’il voit et subit au quotidien. D’une certaine manière, Constantino croit pouvoir imposer ses propres convictions au système. Alors que la plupart des gens essaient simplement de s’en sortir comme ils peuvent, lui refuse cette résignation.
La quête de vérité de Constantino est imprégnée d’éléments rappelant le cinéma de genre – par exemple les séquences où il suit son suspect, qui s’inspirent du style des films policiers ou des thrillers criminels. Comment avez-vous développé le lien entre cinéma d’auteur et cinéma de genre au service de ce récit ?
Le lien avec le genre est apparu dès l’écriture du scénario. D’un côté, nous avons une histoire construite autour d’une question : « Qui est le coupable ? », dans laquelle le protagoniste endosse le rôle d’un détective ou d’un policier cherchant une réponse. De l’autre, il y a des problématiques humaines et un contexte au-dessus desquels plane en permanence une crise morale plus large. De nombreux éléments nous poussaient vers le film noir, vers une forme de thriller. Mais disons que nous avons aussi résisté à l’influence du genre, non pas parce que nous ne l’apprécions pas, mais parce que nous estimions, à tort ou à raison, que EL MUDO n’avait pas besoin du genre pour raconter son histoire. Nous voulions intégrer suffisamment de clins d’œil et de références pour que le spectateur puisse reconnaître certains codes, sans pour autant le plonger trop profondément dans l’enquête, afin qu’il puisse en même temps décrypter les autres idées que le film cherche à transmettre.
EL MUDO nous plonge dans une atmosphère qui peut paraître très kafkaïenne : à l’image de Josef K. dans Le Procès de Kafka, Constantino devient la victime de décisions émanant d’une machine bureaucratique aux rouages obscurs…
Kafka est pour nous une influence littéraire lointaine, que nous avons lue il y a très longtemps. Nous n’avons étudié aucun de ses livres en particulier pour ce film, mais je pense qu’il existe dans EL MUDO des éléments qui font écho aux images omniprésentes que Kafka nous a léguées de la bureaucratie et de la justice. La différence entre Constantino et Josef K. est que Constantino fait partie du système de l’administration judiciaire. Il travaille en son sein et souhaite également le changer. Ce qui implique d’utiliser son influence et ses relations pour faire avancer son affaire – et, d’une certaine manière, cela le transforme précisément en ce qu’il a toujours rejeté.
Votre acteur principal, Fernando Bacilio, porte le film grâce à une interprétation qui l’oblige à transmettre la plupart des actions et des émotions sans prononcer un mot. Comment avez-vous procédé pour le casting de ce rôle particulièrement exigeant ? Le personnage de Constantino a-t-il évolué en fonction de votre travail avec cet acteur en particulier ?
Nous avons cherché notre acteur principal pendant très longtemps et rencontré des dizaines et des dizaines de candidats. Fernando Bacilio faisait partie de ceux que nous avions retenus pour un deuxième puis un troisième essai. Au départ, nous n’avions vu qu’une vidéo de lui, mais sa force et son expressivité nous avaient immédiatement captivés. Lorsque nous l’avons rencontré par la suite, nous avions réduit notre choix à trois acteurs possibles.
Nous ne savions presque rien de Fernando, si ce n’est qu’il enseignait le théâtre à Trujillo, une ville au nord de Lima, et qu’il avait tenu de petits rôles dans deux films d’Omar Forero. Dans l’un d’eux, il n’apparaissait que brièvement, et lorsque nous lui avons demandé quel personnage il incarnait, il a répondu : « le type ivre ». Et nous nous en souvenions parfaitement. Tous ceux qui avaient vu ce film se souvenaient de lui : c’était « l’ivrogne de Chicama ». En quelques minutes à l’écran, il avait déjà marqué l’histoire du cinéma péruvien. Il ne pouvait donc être qu’un grand acteur !
Nous avons finalement décidé de choisir Fernando et nous lui avons donné trois films à regarder, illustrant trois styles de jeu différents, qui, chacun à leur manière, faisaient appel à la neutralité ou au naturalisme : L’Argent de Bresson, Gigante d’Adrián Biniez et Rosetta des frères Dardenne. À partir de ces références et de nos indications, nous voulions qu’il trouve le niveau de jeu que nous recherchions pour EL MUDO. Mais le fait d’avoir autant de références s’est révélé finalement assez déroutant.
Lorsque Fernando est arrivé à Lima pour le tournage et qu’il s’est présenté au premier jour de répétitions, son approche était très différente de ce que nous avions imaginé : bressonienne avec des touches de réalisme, mêlée à son accent de Trujillo, et marquée par la nervosité de devoir porter le rôle principal. Nous avons donc commencé les répétitions avec une certaine anxiété, à seulement quelques semaines du tournage. Finalement, ce temps a suffi pour que tout se mette en place, et travailler avec Fernando a été une expérience formidable, à la fois agréable et constructive. Le rencontrer et mener ce projet à terme avec lui a été l’un des aspects les plus gratifiants du film. C’est un grand professionnel, quelqu’un de simple, très humble, et qui s’investit totalement dans son travail.
Vous utilisez la musique de manière très efficace et marquante. Pouvez-vous nous parler de votre collaboration avec le compositeur et de la façon dont vous avez utilisé la musique pour ponctuer le récit ?
Nous avons commencé à travailler sur la musique de EL MUDO avec notre compositeur Oscar Camacho très tôt, dès l’étape de l’écriture du scénario, et sans plan précis. Oscar me montrait régulièrement ce sur quoi il travaillait, et cela correspondait exactement au ton de l’histoire que nous étions en train d’écrire, alors même qu’il ne connaissait encore rien du récit.
Quand je lui ai dit que l’un de ses morceaux capturait vraiment l’essence de EL MUDO, il a commencé à m’envoyer toutes les nouvelles versions de cette première ébauche qu’il enregistrait chez lui, dans son studio, avec son groupe. Cette chanson est devenue le thème principal du film dès les premières versions du scénario, et à partir de là, nous n’avons plus jamais imaginé le film avec une autre musique.
Lorsque nous lui avons envoyé le montage final, Oscar a enregistré plusieurs versions différentes de ce même thème, destinées à être utilisées dans diverses scènes. Dans le film, on peut entendre à la fois la toute première version qu’il m’avait envoyée, enregistrée sur son ordinateur avec sa voix et sa guitare, et la toute dernière version qu’il a enregistrée en studio après avoir vu le montage final. J’aime penser à l’histoire de cette chanson et à la manière dont elle s’est intégrée à la vie de notre film, car elle me rappelle l’esprit d’Oscar.
En plus du thème principal, Oscar a composé d’autres morceaux spécifiquement pour le film, et nous avons également utilisé des musiques qu’il a écrites avec Javier Domínguez, que l’on entend dans l’une des scènes de EL MUDO, interprétées par un petit orchestre dont le chef d’orchestre, hasard heureux, était une personne que nous avions rencontrée lors du tournage d’Octubre.
Votre premier long métrage, OCTUBRE, a remporté un prix du jury lors de sa première à Cannes en 2010. Cela a-t-il changé quelque chose pour vous en tant que cinéastes travaillant au Pérou ?
Un prix aussi prestigieux vous donne confiance en vous, en votre travail. C’est un changement davantage intérieur qu’extérieur.
Avez-vous toujours réalisé vos films ensemble, en tant que frères et coréalisateurs ? Existe-t-il une répartition précise des rôles entre vous, et quel est votre processus de création d’un film ?
Nous avons écrit, produit et réalisé ensemble nos deux courts métrages, Interior Bajo Izquierda (2008) et Alondra (2013), ainsi que nos deux longs métrages, Octubre (2010) et EL MUDO (2013). Avant ces projets, nous avions essayé de réaliser un court métrage ensemble en 2002. Je ne suis pas très fier du résultat et je ne pense même pas qu’il en existe encore une copie. Mais je me souviens que nous avions énormément ri en essayant de le monter, tous seuls, dans une toute petite pièce chez Daniel.
En ce qui concerne la répartition des rôles, elle est devenue de moins en moins définie avec le temps. Si l’on compare notre manière de travailler sur Interior Bajo Izquierda et sur EL MUDO, auparavant j’étais davantage concentré sur le travail avec les acteurs : j’étais constamment avec eux, tandis que Daniel se focalisait sur la mise en scène et la composition du cadre, toujours après que nous en ayons discuté ensemble. Aujourd’hui, cette division est moins marquée ; elle existe encore, mais plus de la même façon qu’au début.
EL MUDO raconte l’histoire d’un juge, d’un homme, d’un père et d’une famille. Peut-on aussi y voir une métaphore plus large de la justice, de la bureaucratie et de la société péruvienne qui vit sous leur influence ?
Je ne pense pas que l’histoire soit une métaphore de la justice, de la bureaucratie et de la société péruvienne au sens large. Mais je reconnais qu’il y a dans le film des moments qui montrent nécessairement certains de ces aspects. Notre vision de la bureaucratie vient de notre propre expérience, mais ce n’était pas l’un de nos thèmes principaux ; elle est simplement présente en arrière-plan.
En ce qui concerne la justice et la société, dès lors que l’on raconte l’histoire d’un juge honnête et de sa famille, il est inévitable de proposer une certaine vision de ces réalités. Cela dit, nous préférons voir EL MUDO comme l’histoire d’un homme rempli de bonnes intentions. Un homme honnête qui veut appliquer dans son travail les enseignements reçus de sa mère. Il veut faire les choses correctement. Mais dans son monde, le « juste » ou le « bien » sont toujours difficiles à définir. Et il finit probablement assez loin de ce que sa mère lui avait appris.
J’aime penser à l’histoire de Constantino à la lumière des deux dernières images du film, où différentes générations dansent ensemble : en bas, un groupe au cœur de la fête, et à l’étage, Constantino avec sa mère, seuls dans leur monde intime. Il est possible que certains y voient une métaphore de notre pays et des héritages différents qu’il nous transmet.
OCTUBRE et EL MUDO se déroulent tous deux dans des contextes sociaux marqués par la malhonnêteté et des personnages douteux, et pourtant les deux récits se concluent sur une note d’espoir. Que signifient pour vous ces « fins heureuses » ?
Dans Octubre, je pense qu’on peut réellement parler de fin heureuse, au sens plein du terme. La fin de EL MUDO, au contraire, est beaucoup plus complexe et plus sombre. C’est le seul moment de tout le film où l’on voit le personnage principal sourire, tandis qu’en dessous de lui, des gens font la fête. On a l’impression qu’ils célèbrent quelque chose de tragique, ou peut-être l’idée même de quelque chose de tragique. C’est bouleversant.
Je me souviens de ce qu’a dit Oscar, le compositeur, lorsqu’il a terminé de voir EL MUDO : « Bienvenue à la célébration de la médiocrité. » Mais nous sommes curieux de voir comment le public interprétera cette fin.
En EL MUDO, un hombre —un juez peruano, fiel a los principios de la ley— se enfrenta a un sistema corrupto en el que todos, incluida su propia esposa y su padre, parecen participar o someterse. ¿Qué rasgos de carácter o motivaciones hacen diferente a Constantino?
Constantino se encuentra en una posición que va más allá de la cuestión de ser corrupto o no. Quiere hacer las cosas bien, pero en su trabajo la noción de “lo correcto” no es tan clara. Tiene principios muy firmes, inculcados por su madre, y por eso puede parecer dogmático. Es un juez honesto e incorruptible, lo que debería ser una cualidad, pero también lo convierte en el tipo de juez que envía a todos a la cárcel con la pena máxima. En su mente, el concepto de justicia ha sido “deformado”, y eso es lo que lo hace diferente. En cualquier caso, representa un obstáculo para quienes lo rodean. Queríamos que el personaje de Constantino fuera una especie de “campeón de la justicia”, con todos sus defectos, fallas y su propio dogma personal, porque este tipo de deformación es frecuente en nuestro sistema judicial. Y el propio Constantino es un producto de ese sistema.
Las personas cercanas a Constantino no quieren que nada cambie. No todo el mundo en nuestro país es así, pero hay muchos, y especialmente en el entorno de Constantino. Ahí es donde reside la ironía: la persona que más quiere alzar la voz y cambiar las cosas se encuentra físicamente incapacitada para hablar. Aunque un solo hombre sea incapaz de provocar ese tipo de cambio, sigue teniendo esa intención, y eso era lo importante para nosotros. El Mudo, el que no puede hablar, es el único entre todos los que lo rodean que se siente incómodo frente a la “inmoralidad” que ve y vive a diario. De algún modo, Constantino cree que puede imponer sus propias convicciones al sistema. Mientras la mayoría solo intenta sobrevivir como puede, él se niega a aceptar eso.
La búsqueda de la verdad de Constantino está impregnada de elementos que remiten al cine de género —por ejemplo, las secuencias en las que sigue a su sospechoso, que toman referencias del cine policial o del thriller criminal—. ¿Cómo desarrollaron la conexión entre el cine de autor y el cine de género para los fines de esta historia?
La conexión con el género comenzó desde la etapa del guion. Por un lado, tenemos una historia construida en torno a una pregunta: “¿Quién fue?” o “¿Quién lo hizo?”, en la que el protagonista asume el rol de un detective o un policía que intenta encontrar la respuesta. Por otro lado, están los conflictos humanos y un contexto sobre el cual flota constantemente una crisis moral más amplia. Había muchos elementos que nos empujaban hacia el film noir, hacia una especie de thriller. Pero también resistimos la influencia del género, no porque no lo valoremos, sino porque consideramos, acertada o erróneamente, que EL MUDO no necesitaba apoyarse en el género para contar su historia. Queríamos introducir suficientes guiños y referencias para que el público pudiera reconocer algunos códigos del género, sin sumergirlo demasiado en la investigación, de modo que al mismo tiempo pudiera descifrar las otras ideas que la película intenta transmitir.
EL MUDO nos sumerge en una atmósfera que puede parecer muy kafkiana: al igual que Josef K. en El proceso de Kafka, Constantino se convierte en víctima de decisiones que provienen de una maquinaria burocrática que funciona de manera oscura y opaca…
Kafka es para nosotros una influencia literaria lejana, que leímos hace mucho tiempo. No estudiamos ninguno de sus libros en particular para esta película, pero creo que en EL MUDO hay elementos que conectan con las imágenes siempre presentes que Kafka nos legó sobre la burocracia y la justicia. La diferencia entre Constantino y Josef K. es que Constantino forma parte del sistema de la administración judicial. Trabaja dentro de él y, al mismo tiempo, quiere cambiarlo. Eso implica usar su influencia y sus contactos para hacer avanzar su caso y, en cierto sentido, lo convierte precisamente en aquello que siempre ha rechazado.
Su actor principal, Fernando Bacilio, sostiene la película con una interpretación que le exige transmitir la mayoría de las acciones y emociones sin pronunciar una sola palabra. ¿Cómo abordaron el casting de un papel tan desafiante? ¿El personaje de Constantino evolucionó a partir del trabajo con este actor en particular?
Buscamos a nuestro protagonista durante mucho tiempo y nos reunimos con decenas y decenas de candidatos. Fernando Bacilio fue uno de los que pasaron a una segunda y tercera prueba. Al comienzo, lo único que habíamos visto de él era un video, cuya fuerza y expresividad nos cautivaron de inmediato. Cuando finalmente nos encontramos con él, habíamos reducido la elección a tres posibles actores.
No sabíamos casi nada de Fernando, salvo que enseñaba teatro en Trujillo, una ciudad al norte de Lima, y que había interpretado pequeños papeles en dos películas de Omar Forero. En una de ellas apenas aparecía unos minutos y, cuando le preguntamos qué personaje hacía, respondió: “el borracho”. Y lo recordábamos perfectamente. Todo el mundo que había visto esa película se acordaba de él: era “el borracho de Chicama”. En solo unos minutos en pantalla, ya se había ganado un lugar en la historia del cine peruano. Así que tenía que ser un gran actor.
Finalmente tomamos la decisión de elegir a Fernando y le dimos tres películas como referencia, cada una con un estilo de actuación distinto, que a su manera proponían una neutralidad o un naturalismo particulares: L’Argent de Bresson, Gigante de Adrián Biniez y Rosetta de los hermanos Dardenne. A partir de esas películas y de nuestra dirección, queríamos que encontrara el nivel de actuación que buscábamos para EL MUDO. Sin embargo, tantas referencias terminaron siendo abrumadoras.
Cuando Fernando se mudó a Lima para rodar la película y llegó al primer día de ensayos, su enfoque era muy distinto al que habíamos imaginado: bressoniano, con toques de realismo, mezclado con su acento de Trujillo y con el nerviosismo propio de tener que cargar con el papel protagónico. Empezamos entonces los ensayos con cierta ansiedad, a solo unas semanas del rodaje. Al final, ese tiempo fue suficiente para que todo encajara, y trabajar con Fernando fue un proceso excelente, tanto disfrutable como constructivo. Haberlo conocido y haber llevado este proyecto hasta el final junto a él fue una de las experiencias más gratificantes del proceso. Es un gran profesional, alguien sencillo, muy humilde y completamente comprometido con su trabajo.
Ustedes utilizan la música de una manera muy efectiva y potente. ¿Podrían contarnos sobre su colaboración con el compositor y cómo emplearon la música para acompañar y marcar el ritmo del relato?
Empezamos a trabajar la música de EL MUDO con nuestro compositor Oscar Camacho muy temprano, desde la etapa del guion, y sin una planificación demasiado rígida. Oscar siempre me mostraba en qué estaba trabajando, y eso coincidía exactamente con el tono de la historia que estábamos escribiendo, aun cuando él todavía no conocía el argumento.
Cuando le dije que una de sus canciones capturaba realmente la esencia de EL MUDO, comenzó a enviarme todas las versiones posteriores de ese primer boceto que grababa en su estudio casero, junto a su banda. Esa canción se convirtió en el tema principal de la película desde las primeras versiones del guion y, a partir de entonces, no pudimos imaginar el film con otra música.
Cuando le enviamos el montaje final, Oscar grabó varias versiones distintas de ese mismo tema para ser utilizadas en diferentes escenas. En la película se puede escuchar tanto la primera versión que me envió, grabada en su computadora con su voz y su guitarra, como la última versión que registró en estudio después de ver el corte final. Me gusta pensar en la historia de esa canción y en cómo pasó a formar parte de la vida de nuestra película, porque refleja muy bien el espíritu de Oscar.
Además del tema principal, Oscar compuso otras piezas específicamente para el film, y también utilizamos música que creó junto a Javier Domínguez, que aparece en una de las escenas de EL MUDO, interpretada por una pequeña orquesta cuyo director conocimos durante el rodaje de Octubre.
Su primer largometraje, OCTUBRE, ganó un Premio del Jurado cuando se estrenó en Cannes en 2010. ¿Eso cambió algo para ustedes como cineastas que trabajan en el Perú?
Un premio tan prestigioso te da confianza en ti mismo y en tu trabajo. Es un cambio más interno que externo.
¿Siempre han hecho sus películas juntos, como hermanos y codirectores? ¿Existe una división específica de roles entre ustedes y cuál es su proceso para construir una película?
Escribimos, produjimos y dirigimos juntos nuestros dos cortometrajes, Interior Bajo Izquierda (2008) y Alondra (2013), así como nuestros dos largometrajes, Octubre (2010) y EL MUDO (2013). Antes de esos proyectos, intentamos hacer un cortometraje juntos en 2002. No me siento muy orgulloso del resultado y no creo que todavía exista una copia. Pero recuerdo que nos reímos muchísimo intentando montarlo, solos, en un cuartito en la casa de Daniel.
En cuanto a la división de roles, con el tiempo se ha ido volviendo cada vez menos definida. Si comparamos la manera en que trabajábamos en Interior Bajo Izquierda y en EL MUDO, antes yo me concentraba sobre todo en el trabajo con los actores: estaba con ellos todo el tiempo, mientras Daniel se enfocaba en la puesta en escena y en la composición del encuadre, aunque siempre después de haberlo conversado juntos. Hoy esa división es menos concreta; sigue existiendo, pero ya no de la misma manera que al principio.
EL MUDO cuenta la historia de un juez, de un hombre, de un padre y de una familia. ¿Deberíamos verla también como una metáfora más amplia de la justicia, la burocracia y la sociedad peruana que vive bajo ellas?
No creo que la historia sea una metáfora de la justicia, la burocracia y la sociedad peruana en un sentido amplio. Pero sí estoy de acuerdo en que hay momentos en la película que necesariamente retratan algunos de esos aspectos. Nuestra idea de la burocracia proviene de nuestra propia experiencia, pero no era uno de los temas principales para nosotros; simplemente está presente en el trasfondo.
En cuanto a la justicia y la sociedad, desde el momento en que cuentas la historia de un juez honesto y su familia, es inevitable que presentes una cierta visión de ambas. Sin embargo, preferimos ver EL MUDO como la historia de un hombre lleno de buenas intenciones. Un hombre honesto que quiere aplicar en su trabajo las enseñanzas que aprendió de su madre. Quiere hacer las cosas bien. Pero en su mundo, lo “correcto” o lo “bueno” siempre son difíciles de definir. Y probablemente termina bastante lejos de lo que su madre le enseñó.
Me gusta pensar la historia de Constantino a la luz de las dos últimas imágenes de la película, en las que distintas generaciones bailan juntas: un grupo abajo, en medio de la fiesta, y arriba Constantino con su madre, solos en su mundo privado. Es posible que algunas personas vean esto como una metáfora de nuestro país y de los distintos legados que nos transmite.
Tanto OCTUBRE como EL MUDO están ambientadas en contextos sociales marcados por la deshonestidad y personajes dudosos, y sin embargo ambas historias terminan con una nota de esperanza. ¿Qué significan para ustedes estos “finales felices”?
En Octubre creo que se puede hablar de un final feliz en el sentido más literal del término. El final de EL MUDO, en cambio, es mucho más complejo y oscuro. Es el único momento de toda la película en el que vemos sonreír al personaje principal, mientras debajo de él la gente está de fiesta. Parece que celebraran algo trágico o la idea de algo trágico. Es conmovedor.
Recuerdo lo que dijo Oscar, el compositor, cuando terminó de ver EL MUDO: «Bienvenidos a la celebración de la mediocridad». Pero tenemos mucha curiosidad por ver cómo el público interpreta ese final.
Trailer
Plus d'informations
Équipe
| Distribution | |
| Constantino | Fernando Bacilio |
| Sheryl | Lidia Rodríguez |
| Le maire Ronal Valdés | Juan Luis Maldonado |
| Compadre Sánchez | Augusto Varillas |
| José Escalante | José Luis Gómez |
| Otilia | Norka Ramírez |
| Grand-père | Ernesto Ráez |
| Équipe technique | |
| Producteurs exécutifs | Daniel Vega et Diego Vega |
| Réalisateurs | Daniel Vega et Diego Vega |
| Scénaristes | Daniel Vega et Diego Vega |
| Co-scénariste | Manuel Arias |
| Directeur de la photographie | Fergan Chávez-Ferrer |
| Monteur | Gianfranco Annichini |
| Directrice de production | Carla Sousa |
| Directeur du son | Edgar Lostanau |
| Musique | Oscar Camacho |
| Directeur artistique | Mario Frías |
| Co-producteurs | Carlos Reygadas, Frédéric Corvez, Clément Duboin |
| Mixage sonore | Christophe Vingtrinier |
| Étalo | Pierre Sudre |
Filmographie
DIEGO VEGA
2023. Dona y César – CM– Fiction co-réalisée avec Daniel Vega
2019. El día de mi suerte – série télévisée co-réalisée avec Héctor Gálvez
2019. La bronca – LM – Fiction co-réalisée avec Daniel Vega
2013. El mudo – LM – Fiction co-réalisée avec Daniel Vega
2010. Octubre – LM – Fiction co-réalisée avec Daniel Vega
2008. Interior bajo izquierda – CM – Fiction co-réalisée avec Daniel Vega
DANIEL VEGA
2023. Dona y César – CM – Fiction co-réalisée avec Diego Vega
2021. Busco novia – LM – Fiction
2019. El día de mi suerte – Série co-réalisée avec Héctor Gálvez
2019. La bronca – LM – Fiction co-réalisée avec Diego Vega
2019. Intercambiadas – LM – Fiction
2013. El mudo – LM – Fiction co-réalisée avec Diego Vega
2013. Alondra – CM – Fiction
2010. Octubre – LM – Fiction
2008. Interior bajo izquierda – CM – Fiction

